Université de Liège

Département des sciences historiques


En simplifiant considérablement la réflexion, on peut admettre que les « sciences historiques » comportent deux branches de savoir, comparables aux volets jumeaux d'un diptyque. Ces orientations se fondent sur le type de documents – de « sources » pour reprendre le terme de notre jargon – utilisé par les chercheurs du Département : les historiens de l'art procèdent à l'inventaire, au traitement critique et à la mise en œuvre des sources dites monumentales (matériel découvert lors de fouilles archéologiques, bâtiments, charpentes, sculptures, tableaux, pièces d'orfèvrerie, monnaies, bijoux, objets de la vie quotidienne, etc.) ; les historiens, quant à eux, rassemblent, critiquent et incorporent dans leurs travaux, les sources écrites et orales (chroniques, récits, mémoires et souvenirs, textes littéraires, journaux, chartes, ordonnances, lois, traités, contrats, actes notariés, correspondance, anthroponymes, toponymes, etc.).

Deux démarches scientifiques parallèles, donc, qui comportent pas mal de similitudes, mais aussi nombre de différences et de nuances : en d'autres termes, les conditions sont ici très opportunément réunies pour ériger l'Histoire de l'art et l'Histoire tout court en disciplines complémentaires.

Or, c'est précisément ce souci de complémentarité qui a poussé les autorités académiques de notre Université à réunir les deux filières d'étude et de recherche au sein d'un même « lieu de concertation et de coordination » ; telle fut l'origine du Département des Sciences historiques.

L'idée était bonne. Elle devait, autour d'une même table, favoriser les contacts, susciter de fructueuses collaborations, développer des idées et des programmes, encourager les échanges harmonieux et équilibrés, créer l'émulation, laisser la confiance réciproque s'épanouir, pour le plus grand bonheur de l'activité scientifique au sein d'une Université qui se veut ouverte et dynamique.

Tant il est vrai que la vocation véritable du domaine de recherche et d'enseignement auquel notre Département appartient serait, idéalement, d'ériger un modèle intellectuel de sérénité, de déontologie et de rigueur scientifiques, de démarche et d'esprit critiques, de désintéressement et même, pourquoi pas, de reconnaissance, de respect et de fidélité : vaste programme … Sans quoi nos disciplines conjointes, si tant est qu'elles resteraient peut-être intéressantes, perdraient inéluctablement leur âme. Au demeurant, elles n'auraient même plus de sens …

Jean-Louis Kupper
Professeur ordinaire

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Dernière mise à jour : 10 septembre 2013

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